Un pasteur de la Fédération des Eglises adventistes du Sud de la France nous demande: "Pourquoi la Fédération française des Eglises adventistes s'est-elle séparée en deux fédérations en 1923 ?" La question mériterait une étude approfondie. Ci-dessous vous trouverez un élément de réponse : l'article d'A. V. Olson expliquant dans la Revue adventiste du 1er juillet 1923 (p.8) les raisons et les modalités de cette séparation administrative.
Deux Conférences en France
Depuis quelque temps déjà, plusieurs d'entre nous avaient la conviction que la Conférence française devrait être divisée en deux conférences. A cause de l'étendue du territoire, il était pratiquement impossible de diriger, d'un seul bureau, tout le travail d'une manière convenable. Le président, par exemple, ne pouvait pas venir en aide à la fois aux églises et aux jeunes ouvriers, et s'occuper en même temps de propagande évangélique dans une ville. Les secrétaires des divers départements, ainsi que le colporteur en chef ont rencontré la même difficulté.
De plus, il nous a toujours été difficile d'obtenir une bonne représentation de toutes nos églises à nos sessions annuelles. Si l'assemblée se réunit dans le Nord, seuls quelques représentants du Midi sont présents ; si elle a lieu dans le Midi, le Nord est pauvre-ment représenté. Si la place le permettait, bien d'autres raisons encore pourraient être données motivant la division de la Conférence en deux parties.
Lors d'une réunion du comité de l'Union tenu à Gland du 27 au 30 avril, cette question a été présentée et considérée. Après une étude approfondie de la chose, le plan de diviser la Conférence en deux parties fut unanimement approuvé, et on vota d'en recommander l'exécution au comité de la Conférence française.
Quelques jours plus tard, ledit comité se réunissait à Paris, et, après avoir prié à ce sujet, décidait à l'unanimité d'opérer aussitôt que possible la division conseillée.
La division du territoire, des ouvriers et des fonds se fera comme suit :
1. La ligne de démarcation suivra celle formée par la limite nord des départements de Charente-Inférieure, Charente, Haute-Vienne, Creuse, Allier, Saône-et-Loire, Jura.
2. Les ouvriers appartiendront à la même conférence que le territoire dans lequel ils travaillent.
3. Le capital sera divisé en deux parties égales.
4. Tous les fonds, tels que : fonds des malades, fonds des pauvres, fonds des élèves, etc., seront di-visés d'après le nombre des membres de chaque conférence.
5. L'actif de la Librairie actuelle sera légué à la Conférence du Nord.
6. Le matériel des tentes appartiendra à la Conférence du Sud.
7. L'Union latine fera don d'une somme de 10.000 francs à la Conférence du Sud, en vue de la fondation d'une Librairie.
8. La Conférence du Nord aura son siège à Paris, celle du Sud à Lyon.
9. La première session de la Conférence du Nord aura lieu à Paris, du 31 juillet au 5 août, et celle du Sud à Saint-Hippolyte-du-Fort, ou à un autre endroit central.
10. Les membres officiants, ainsi que le comité exécutif, continueront à fonctionner comme auparavant, jusqu'à la nomination des nouveaux membres qui devront entrer en charge dans les deux Conférences.
Afin d'éviter tout délai et toute complication dans l'envoi des livres aux colporteurs qui s'en iront travailler dans la Conférence du Sud après la fermeture de l'Ecole, le comité de la Conférence française a décidé de demander à frère Ganty, comptable à notre Ecole de Collonges, de se rendre à Lyon pour y organiser la Librairie de la Conférence du Sud, et cela dès après la clôture des cours.
Toutes nos églises, ainsi que nos membres isolés en France, devront continuer d'envoyer leurs fonds à frère Weber, à Paris, comme par le passé, jusqu'à ce que les assemblées générales aient eu lieu. Jus-qu'à nouvel ordre, les commandes d'imprimés devront également être adressées à la Librairie de Paris.
Nous avons l'assurance que le pas qui vient d'être fait marque le commencement d'une ère nouvelle pour le développement de notre oeuvre en France.
A. V. Olson
Revue adventiste, 1er juillet 1923, p.8