L'article ci-dessous est traduit de « Seventh-day Adventist Encyclopedia », second edition, Review and Herald Publishing Association, 1996, vol. 10, p. 813-815 (avec l'aimable autorisation des éditeurs).
L’Italie tient une place unique dans l’histoire de l’Église, au sens que ce fut le premier pays d’Europe où aient été prêchées les doctrines adventistes. Le héraut fut, en l’occurrence, M. B. Czechowski, un ancien prêtre catholique polonais qu’avait baptisé M. E. Cornell à Findlay, dans l’État d’Ohio, durant l’été 1857. Il avait travaillé par la suite avec D. T. Bourdeau parmi les francophones d’Amérique du Nord mais n’avait pas réussi à persuader les adventistes du septième jour de l’envoyer en Europe. Grâce au soutien financier d’une autre confession adventiste, sans pour autant que ses membres le considèrent comme un de leurs missionnaires réguliers, il arriva en 1864 à Torre Pellice, dans les vallées vaudoises du Piémont, en Italie du nord. Il y loua une salle dans laquelle il fit ses prédications et mena des discussions religieuses sur la Bible. Il étendit son champ d’actin à Turin, Milan, Bergame, Venise et Brescia. Il se peut qu’il ait fait quelques conversions dans certaines de ces villes. Il prêchait le Sabbath et ses premiers convertis à Torre Pellice et en Suisse eurent ensuite des contacts avec l’Église adventiste du septième jour. Catherine Revel et J. D. Geymet furent les premiers à accepter le Sabbath. Geymet devint le premier colporteur adventiste du septième jour en Europe, travaillant de 1864 à 1921 en Italie, en Suisse et en France. L’Église de Torre Pellice a fourni à l’œuvre adventiste un bon nombre de travailleurs, comme Alfred Vaucher (petit-fils de Catherine Revel), qui fut pendant de longues années professeur de Bible au séminaire français de Collonges-sous-Salève (Haute-Savoie), comme Élie Bertalot, pasteur en Italie et 1910 à 1945 et comme Albert Long, missionnaire à Madagascar de 1928 à 1948.
En 1877 J. N. Andrews, premier missionnaire envoyé en Europe par les adventistes du septième jour, quitta la Suisse pour se rendre à Naples. C’est dans les eaux de la Baie de Naples, près de Pozzuoli (le Puteoli biblique) qu’il baptisa le docteur H. P. Ribton, son épouse et leur fille. Le dr. Ribton tint des réunions à Naples et signala rapidement qu’il avait fait cinq convertis ; il y en avait 22 en 1878. Ribton traduisit en italien plusieurs prospectus. Il prit contact avec Ercole Volpi, ancien pasteur de l’Église italienne livre devenu pasteur de l’Église baptiste de Bari. Celui-ci accepta la vérité du Sabbat et baptisa un bon nombre de gens dans le message adventiste du septième jour. Volpi entretint un correspondance soutenue avec J. N. Andrews à Bâle.
À un certain moment de l’année 1877, les adventistes du septième jour de Naples commencèrent à envoyer le magazine français Signes des Temps à leurs connaissances parmi les to Italiens d’Alexandrie, en Égypte, et eurent avec eux des échanges épistolaires sur les doctrines de l’adventisme du septième jour. À l’automne 1878, Romualdo Bertola, représentant de commerce italien et missionnaire autonome, se rendit pour affaires à Alexandrie et y forma un groupe, baptisant sept personnes. Il alla aussi dans d’autres pays méditerranéens (Turquie, Grèce et Malte), où il rencontra d’autres personnes intéressées par le message. L’Italie était alors le pivot d’un vaste mouvement missionnaire dans la région méditerranéenne. Une brochure intitulée Il Giorno del Signore (Le jour du Seigneur) fut publiéeà Naples en 1884 en réponse à celle (Il Sabato Cristiano — Le Sabbat chrétien) rédigée par Daniel Wilson contre le Sabbat.
En 1884, D. T. Bourdeau se rendit en Italie et mis sur pied une Église à Naples (avec 10 membres). Il obtint l’aide de A. Biglia et tint des réuions à Barletta et à Bari. En 1885 A. C. Bourdeau s’installa à Torre Pellice, où l’Église comptait quelques adhérents. Ellen White vint à Torre Pellice en 1885. Le premier périodique italien adventiste du septième jour, fut l’Ultimo Messaggio (Dernier message), imprimé à Bâle, en Suisse, vers 1884 et diffusé par A. Biglia. En 1895 H. P. Holser se rendit à Naples, à Turin, à Torre Pellic et à Gênes et mentionne, dans son rapport, le travail missionnaire alors accompli à Gênes et sur les bateaux qui y étaient accostés par un adventiste suisse, J. Leuzinger.
Il y a eu à Rome, dès 1900, « quelques personnes observant le Sabbat, » mais aucun travailleur de l’œuvre adventiste n’y avait été dépêché. En 1902, C. T. Everson et son épouse, ainsi que Mme J. R. Schell furent envoyés de Californie pour travailler en Italie, et s’installèrent à Rome. Le premier italien converti, nommé Lattoni, y tint en 1904 des réunions dans sa langue — première activité d’évangélisation publique adventiste du septième jour ayant jamais eu lieu dans la « Ville éternelle. » A. Fant et D. Gaeta, baptisés par C. T. Everson lors de son séjour à Rome, ont aidé jusqu’en 1910 à la propagation du message adventiste du septième jour. Autre personne convertie à Rome, Melle L. Chiellini, membre de l’aristocratie vaudoise, contribua par la suite à la traduction en italien des publications adventistes, en particulier de Vers Jésus, livre d’Ellen White.
En 1909, Everson fut remplacé à la direction du champ missionnaire italien par L. Zecchetto, envoyé des États-Unis. S’installant à Gênes, celui-ci pris fit transférer à Florence l’impression de l’Ultimo Messaggio. Maria Cambiaso, membre d’Église rencontrée à Gênes par D. Gaeta alors qu’il faisait du porte à porte, et baptisée en 1910, joua un rôle crucial dans l’obtention de conversions dans cette ville ainsi qu’à Montaldo Bormida et ailleurs. Quand se tint la session de 1909 de la Conférence générale, il y avait en Italie 52 membres de l’Église adventiste du septième jour.
Les débuts du travail missionnaire à Florence remontent à 1910 et à 1912 pour Pise (avec G. L. Lippolis). C’est à cette époque que deux membres de l’Église de Gravina, où P. Creanza était arrivé en 1908, entrèrent dans l’œuvre : G. Sabatino à Florence et N. Cupertino à Naples.
En décembre 1918, il y avait en Italie sept Église comptant en tout 110 membres. En 1920, on mentionne l’existence d’adventistes du septième jour à Torre Pellice, à Bolzano, à Montaldo Bormida, à Gênes, à Pise, à Bari, à Gravina et à Firmo. Comme l’Italie était une mission de la Division européenne, des travailleurs y étaient envoyés d’Autriche, d’Allememagne et de Suisse.
En 1922 se tinrent la première assemblée générale de l’Église en Italie ainsi que la première réunion de l’Institut des colporteurs. En 1923, Speranza arriva des Etats-Unis comme secrétaire éditorial. La maison d’édition « L’Araldo della Verità » (Le héraut de la vérité) fut fondée à Florence en 1926 (voir Maison d’édition italienne).
En 1928 la Mission de l’Union italienne a été créée, son siège étant établi à Florence. Elle était composée des Missions du Nord, du Centre et du Sud de l’Italie, avec 19 Églises et 410 membres. G. L. Lippolis en fut élu président et servit à ce poste jusqu’en 1934.
Les armées italiennes s’étaient emparées de la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, en 1936, avec pour objectif l’élimination des missions protestantes et le contrôle par des Italiens des missions catholiques. En 1938, Giuseppe Cupertino prit la responsabilité de la Mission éthiopienne, qui faisait alors partie de la Mission de l’Union italienne.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale , l’Italie fut coupée du siège de la division, à Berne. Un bon nombre des travailleurs italiens de l’œuvre se sont retrouvés isolés parce que la guerre avait interrompu les communications à l’intérieur du pays. Luigi Beer, président de la Mission de l’Union italienne de 1934 à 1959, s’efforça de maintenir le contact avec eux. Dans la région du Piémont, Riccardo Bongini préparait et dupliquait sur stencils ses propres Guides de l’étude de la Bible. Da ns le nord du pays, il a fallu que certains pasteurs soient payés directements par les trésoriers des Églises locales. Malgré bien des difficultés, la production éditoriale connut un développement régulier. Le nombre des membres d’Église s’accrut lui aussi, passant de 845 en 1939 à 1 213 en décembre 1945. Aucune autre Église, en Italie, n’eût une aussi rapide croissance pendant les années de guerre.
En 1959 Giuseppe Cavalcante devint président de la Mission de l’Union italienne. Silo Agnello lui succéda en 1964 et demeura à ce poste jusqu’en 1971, quand la Mission de l’Union italienne fut intégrée en tant que mission à la Mission de l’Union sud-européenne.
Sicile. L’adventisme du septième jour arrivé en Sicile en 1916, avec le retour des Etats-Unis de deux sœurs, M. et D. Infranco. En septembre 1920 R. Calderone se rendit dans cette île et y baptisa six personnes. En mai 1921, la première Église de Sicile fut mise sur pied à Montevago. En September 1921, G. L. Lippolis eut deux discussions avec G. Raimondo, professeur de réthorique sacrée au Séminaire de Palerme, en suite de quoi les catholiques publièrent, sous la plume de G. Amodeo, une brochure intitulée Brevi risposte agli Avventisti del Settimo Giorno (Brève réponse aux adventistes du septième jour). G. L. Lippolis y réagit avec un autre bref texte : La luce dirada le tenebre (La lumière dissipe l’obscurité). Converti aux Etats-Unis, R. Valerio devint évangélisateur et fonda une Église à Palerme en 1928 ainsi que des compagnies à Catane, à Piazza Armerina et à San Michele di Ganzaria.
En 1940, il était devenu nécessaire d’organiser un centre de formation italien pour recevoir les jeunes qui avaient suivi depuis 1925 la formation dispensée au Séminaire Adventiste in Collonges, en Haute-Savoie (France). C’est ainsi que fut établi un centre de formation, d’abord installé au siège de l’Union et de la maison d’édition, sur la Via Trieste , à Florence, avant d’être transféré à la Villa Aurora (voir Institution universitaire italienne/Italian Junior College). Une ancienne chapelle méthodiste, récemment acquise, servit de siège temporaire à l’union, avant qu’en 1949 les bureaux de l’Union italienne fussent installés à Rome, dans des locaux achetés par l’Église.
Le cours d’étude de la Bible par correspondance, organisé en 1947, avait touché, en 1973 un total de 119 304 personnes inscrite, parmi lesquelles 7 634 l’avaient terminé et 995 avaient été baptisées. Des émissions de radio furent diffusées en italien sur la station locale de Bologne pendant près de trois ans de 1947 à 1950, sur Radio Montecarlo de 1950 à 1957 et aussi sur Radio Cagliari (Sardaigne) de 1947 à 1952. Il n’a jamais été possible de les transmettre sur les chaînes nationales.
Liberté religieuse. Il y a actuellement plus de liberté que dans le passé, quand les autorités religieuses menaient une opposition sérieuse à l’œuvre adventiste du septième jour. Le gouvernement italien a officiellement reconnu les pasteurs adventistes et leur a accordé, par décret, l’autorisation de célébrer les mariages en tant qu’auxiliaires de l’État. Il permet à ceux qui effectuent leur service militaire et aussi aux élèves du secteur public, d’observer le Sabbat. Il dispense ces derniers des cours de catéchisme catholique. Cependant, comme il est difficile de trouver des emplois où l’on soit libre le Sabbat, de nombreuses personnes hésitent à embrasser le message adventiste du septième jour.
L’ouvrage se poursuit sous forme de réunions tenues dans le lieux de culte régulier et par des séances d’étude de la Bible au domicile des personnes intéressées. Le travail de colporteur, modalité première des prises de contact à l’époque des débuts de l’Église en Italie, reste des plus efficaces.
Du 27 avril au 1er mai 1989, un congrès national a eu lieu à Rimini, pour célébrer les 60 ans de l’Union italienne. Depuis 1990, l’Église adventiste du septième jour figure sur les Déclarations de revenu des 30 millions de contribuables italiens, parmi les institutions à qui ils peuvent choisir d’attribuer 8 % de leur impôt. En collaboration avec ADRA International, l’Église adventiste a mené quatre campagnes de promotion, sous forme de messages publicitaires diffusés à la radio, à la télévision et dans des magazines, pour présenter l’Église à 55 millions d’Italiens. C’est le Département des affaires publiques et de la liberté religieuse de l’Église qui s’est chargé d’organiser ces campagnes.
Extrait de l'article "Italy" de la « Seventh-day Adventist Encyclopedia », second edition, Review and Herald Publishing Association, 1996, vol. 10, p. 813-815 (avec l'aimable autorisation des éditeurs).
Traduction : Claude Fivel-Démoret
Site de l’édteur : www.ReviewandHerald.com