"L'organisation des différentes branches de notre oeuvre nous a été en quelque sorte imposée par des besoins urgents auxquels il fallait répondre sans délai. Cela est tout particulièrement vrai de l'école du sabbat, qui fut d'abord de la jeunesse. C'était une nécessité, car pendant les premières années du mouvement adventiste on essayait fort peu de mettre à la portée des enfants les doctrines qu'avaient embrassées les parents."
"James White comprit que cette lacune devait être comblée. Au cours de l'été 1852 il jeta la semence qui prit racine et devint par la suite dans notre Eglise cette oeuvre vaste et indispensable de l'école du sabbat. Un jour, alors qu'il se rendait en voiture de Rochester, état de New-York, à Bangor, état du Maine, en été 1852, James White réfléchissait à ce problème et il fut ainsi par la conviction qu'il fallait un système régulier de leçons bibliques adaptées tout spécialement à la jeunesse. S'arrêtant en cours de route pour manger, donner du fourrage à son cheval et lui faire prendre un peu de repos, il s'assit au bord du chemin, posa son panier à provisions sur ses genoux en guise de table, et se mit à écrire les premières leçons de l'école du sabbat destinées aux jeunes adventistes.
Sans doute n'était ce pas facile d'introduire ce plan, car à cette époque les croyants étaient très dispersés ; le nom d'Adventistes du Septième Jour n'avait pas encore été adopté officiellement ; on employait rarement le terme d'Eglise ; aucun ancien ne veillait sur le troupeau. Bref, l'organisation n'existait pas encore. Mais James White croyait que les écoles du sabbat représentaient un besoin vital de la jeunesse adventiste.
Le journal mensuel Youth's instructor fut fondé, en partie du moins, pour placer ces leçons entre les mains de ceux à qui elles étaient destinées. Le premier numéro parut en août 1852, et le prix de l'abonnement annuel étaient de 0,25 dollars ; les enfants pauvres devaient le recevoir gratuitement. Les recettes couvraient à peine les frais d'impression. Mais l'affaire était sérieuse, car le nouveau né - l'école du sabbat - dépendait du journal. Le peuple adventiste lui accorda son appui, de sorte qu'en 1857 le nombre d'abonnés avait augmenté d'un tiers, et les recettes étaient enfin à la hauteur des dépenses. Durant tout ce temps, chaque numéro du journal contenait quatre ou cinq leçons, soit une pour chaque semaine. Vingt ans plus tard seulement le Youth's Instructor devint hebdomadaire.
La première série d'études préparées par James White comprenait dix-neuf leçons traitant les sujets suivants : le sabbat, la loi, la vie du Christ et son second avènement. On fit ensuite un choix de dix-sept leçons d'une revue publiée par une autre dénomination, après quoi fut composée une série de huit leçons sur l'importante question du sanctuaire. Puis, il y eu un intervalle de huit mois sans leçons. Nouvelle interruption de près de quatre ans entre 1855 et 1859, et troisième arrêt de trois ans environ entre 1860 et 1863.
Les premières école du sabbat régulièrement organisées dont nous ayons connaissance furent celle de Rochester et de Bucksbridge, état de New-York, en 1853 et 1854. Cette dernière était dirigée par John Byington, qui fut plus tard le premier président de la Conférence Générale. Après le transfert de l'impremerie à Battle Creek, en 1855, une école du sabbat fut constituée en cette endroit.
Le nom de G.-H. Bell est étroitement lié au développement de l'école du sabbat. Bell embrassa les doctrines adventistes vers 1867, lors d'un séjour à L'Institut Sanitaire de Battle Creek. Il était instituteur et avait de l'expérience dans les problèmes de l'école du dimanche. En 1869 déjà, il préprara pour les enfants et la jeunesse deux series d'excellentes leçons de l'école du sabbat tirées de l'Ancien Testament. Ce n'était qu'un début, mais ces séries furent bientôt complétées, le tout constituant les Leçons bibliques progressives du professeur Bell, dont la traduction française fut aussi d'une grande utilité.
L'organisation de l'école du sabbat commença à se perfectionner vers 1870. C'était nécessaire. Dès lors cette oeuvre marqua de plus grand progrès. On s'inquièta davantage de grouper les élèves selon leur âge. On nomma des moniteurs et des membres officiants pour une période précise, et ainsi chacun comprit mieux sa responsabilité.
En 1877, G.-H. Bell proposa que pour unir les écoles du sabbat d'un état on les organisât en associations. La Californie et le Michigan adoptèrent ce plan, et l'année suivante enregistra la fondation de l'Association Générale de l'Ecole du Sabbat. A la fin de l'année 1878, un rapport partiel des écoles du sabbat des Etats-Unis indique 124 écoles avec 4626 membres inscrits et une fréquentation de 2951 membres.
C'est aussi en 1878 que fut examinée pour ainsi dire officiellement la question des collectes de l'école du sabbat. Le rapport d'une séance de la première assemblée annuelle de l'Association Générale de l'Ecole du Sabbat tenue en octobre 1878 contient le paragraphe suivant :
"En discutant la manière de se procurer des fonds, il y eut des divergences d'opinion sur la question de savoir s'il convenait de recevoir des dons en espèces le jour du sabbat. Madame White pensait que cela pouvait se faire. Elle déclara qu'autrefois le travail du service du temple le sabbat était le double de celui des autres jours. Dieu ne retient pas ses bienfaits le jour du sabbat - le soleil brille, la pluie tombe, les plantes croissent , les fruits mûrissent, et tout le travail de la nature se poursuit sans interruption. Il n'y a pas de raison s'opposant à ce qu'une offrande volontaire préalablement mise à part pour cela ne soit présentée à Dieu le sabbat."
Une résolution fut donc adoptée à cette même assemblée invitant les moniteurs et les élèves à donner un penny (un sou) ou plus chaque sabbat. L'idée de Madame White était que ces dons contribuent à l'avancement de l'oeuvre de Dieu. Mais au début l'argent servi surtout à couvrir les menus frais de l'école du sabbat. Chaque école eut d'abord une cassette pour recevoir les dons ; plus tard on fit usage d'enveloppes.
A partir de 1885 les dons recueillis dans les écoles du sabbat furent destinés aux missions. Dès lors, les ressources pour nos champs missionnaires procurées par ce moyen n'ont cessé d'augmenter à tel point que jusqu'à maintenant elles se sont montées à plus de soixante millions de dollars. C'est vraiment une source intarissable.
Depuis 1912, la collecte du treizième sabbat de chaque trimestre est assignée à un champ missionnaire particulier ou à un projet, et c'est aussi à partir de cette date qaue les Bulletins des Missions a été utilisé. Cet organe entretient régulièrement l'intérêt pour les Missions, et grâce à lui les membres sont généralement bien au courant de la situation dans les différents champs missionnaires. Ils peuvent ainsi soutenir l'oeuvre de Dieu en connaissance de cause.
La revue mensuelle Sabbath School Worker fut créée en 1885. Elle a pour but de contribuer à l'amélioration constante de l'école du sabbat par le perfectionnement des membres officiants et des moniteurs. Si la direction et l'enseignement sont bons et efficaces, les élèves seront aussi meilleurs et plus fidèles. Des revues semblables au Sabbath School Worker existent également en d'autres langues.
La dernière session de l'Association Générale de L'Ecole du Sabbat eut lieu en 1901, époque à laquelle cette branche de l'oeuvre fut réorganisée par la Conférence Générale ; elle porta dès lors le nom de Département de l'Ecole du Sabbat.
Il est superflu d'insister sur le fait que l'école du sabbat est inséparable de la pénétration du message adventiste dans un nouveau territoire. Partout où un messager de la bonne nouvelle s'établit, l'école du sabbat l'accompagne et l'aide à gagner des âmes et à les affermir dans leur expérience chrétienne. On a pu comparer ce département de l'oeuvre à l'arbre que Nébucadnetsar vit en songe (Dan. 4) ; cet arbre élevait la cime jusqu'aux cieux, on le voyait des extrémités de la terre, son feuillage était beau, ses fruits abondants, il portait de la nourriture du chrétien, et le programme de l'école du sabbat fournit à jeunes et vieux un moyen efficace pour étudier et assimiler cette Parole. C'est toute l'Eglise à l'étude des Saintes Ecritures.
Au 31 décembre 1947, il y avait, dans le monde entier, 15107 écoles du sabbat, avec 765952 membres inscrits."
Robert Gerber, Le mouvement adventiste, èd. Les Signes des Temps, Paris, 1950, p. 87-90.